Conduire un atelier

à visée philosophique

Il existe différentes approches pour la menée d’ateliers ou goûters philo (plus ou moins interventionnistes, avec différents degrés de guidages, avec ou sans trace écrite)

 

Invariants dans ce type d’atelier :

  1. le groupe (en cercle, tous les participants se voient : il leur est demandé de se regarder, de s’adresser à tous)

  2. l’adulte est l’animateur·rice (cela suppose une préparation en amont, la connaissance du « protocole ». L’adulte est la·le garant·e du cadre:  elle·il répartit la parole, induit bienveillance et rigueur)

  3. la question est une question philosophique

c’est à dire une interrogation qui n’amène pas une réponse, pour laquelle on n’énoncera pas une vérité, c’est une question que l’on peut se poser tout au long de la vie
(*la question philosophique, comme un entonnoir inversé, débouche sur une ouverture large, elle permet une perspective étendue, elle est un point de départ. Elle se distingue de la question technique ou juridique, par exemple
* elle interroge la raison à un niveau général, universel
* Toute question philosophique s'exprime donc par des phrases. Mais toute parole n'est pas une pensée philosophique.

Voir liste indicative de questions)

Petit récap pour conduire l’atelier :

Avant l’atelier :

  •  Choisir un espace (coin bibliothèque, par exemple) et un moment propice (le matin, plus favorable à la concentration)

  •  Organiser l’espace pour l’accueil du groupe (en cercle, de 12 à 15 participants)

  •  Définir la durée (de 10 minutes à 45 minutes selon la maturité du groupe, le moment de l’année, l’intérêt pour le sujet)

  •  Trouver un rituel éventuellement pour ce moment-là (bougie ? bâton de pluie en début et fin ?)

  •  Définir les rôles que l’on distribuera (voir exemple d'étiquettes )

  •  Définir la question, y réfléchir, trouver des exemples, des questions pour relancer

(voir site avec recueil de ressources Pomme d’Api)

  •  Copier la question sur une ou plusieurs affiches

Pendant l’atelier :

  • Définir et rappeler systématiquement le cadre (voir pictogrammes) :

Respecter des consignes de prise de parole (Demander la parole en levant la main / Ne pas interrompre quelqu’un qui est en train de parler / Parler à tout le groupe / Respecter -par ses propos et son attitude- la personne qui parle )

Rappeler que la prise de parole dont viser la clarté du propos et la concision : on ne raconte pas n’importe quoi, il s’agit pouvoir d’argumenter

Nul n’est obligé de parler, ce moment se veut être un moment agréable

  • Décrire le fonctionnement en 3 temps :

  1.  la question : l’énoncer et l’afficher

Un tour de parole avec bâton : qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?

  2.   l’échange libre / relance (coeur de l’échange, « on prend le temps ») annoncer la fin du débat avant les 2 dernières interventions

  3. le retour collectif sur le moment partagé :

Un tour de parole avec bâton : comment ça s’est passé pour moi ? qu’est-ce qui a bougé ?

  • Prévoir ensuite le retour s’il y avait des « rôles » extérieurs :

 - observateurs·rices : échanges verbaux/non verbaux/circulation de la parole/impressions sur le climat/ quels échos entre les interventions - synthétiseurs : ce qui se dit dans la première phase/seconde/troisième
 - illustrateurs·rices : en écho aux échanges de l’atelier spectateurs
 - gardien·ne du temps : durée des phases du débat
 - spectateur·rice : ce qui te passe par la tête

 

Après l’atelier :

Si vous souhaitez garder une trace des échanges, vous pouvez :
- afficher les synthèses, les observations, les illustrations
- concevoir un petit recueil de pensées collectives (voir site Lecriveron pour mise en page simplissime)

Plus vous mènerez des ateliers, plus vous serez à votre aise. Plus les enfants en vivront, plus ils participeront !
Plus on pense, plus on est ;-)

Vous pouvez télécharger ce descriptif en version PDF

Merci à Monique OCCE 82 pour ses apports clairs et motivants !